Terminale maths expertes

Matrices : calculs, inverses et puissances — 20 exercices

Ces 20 exercices développent le calcul matriciel en Terminale maths expertes : dimensions, produits, systèmes, inverses vérifiés, suites et puissances. Les méthodes restent élémentaires : calcul direct, récurrence, identités matricielles et diagonalisation fournie. On note IdI_d la matrice identité d'ordre dd et on définit A0=IdA^0=I_d pour toute matrice carrée d'ordre dd.

L'essentiel à retenir

  • Le produit d'une matrice de taille m×pm\times p par une matrice de taille p×np\times n est une matrice de taille m×nm\times n. En général, AB≠BAAB\ne BA. Pour prouver que BB est l'inverse de AA, on peut vérifier AB=BA=IAB=BA=I. Un produit nul n'impose pas qu'un facteur soit nul. Une formule de puissance doit être justifiée, notamment par récurrence. Si A=PDP−1A=PDP^{-1}, alors An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1}.

Exercice 1 — Produits rectangulaires

  1. Soient A=(120−131)A=\begin{pmatrix}1&2&0\\-1&3&1\end{pmatrix} et B=(210−142)B=\begin{pmatrix}2&1\\0&-1\\4&2\end{pmatrix}. Déterminer les tailles de ABAB et BABA, puis calculer ABAB.
  2. Calculer BABA. Les expressions A+BA+B et AB+BAAB+BA ont-elles un sens ?
Corrigé détaillé
1. AA est de taille 2×32\times3 et BB de taille 3×23\times2. Ainsi ABAB est de taille 2×22\times2 et BABA de taille 3×33\times3. On trouve AB=(2−12−2)AB=\begin{pmatrix}2&-1\\2&-2\end{pmatrix}, par exemple (AB)22=(−1)×1+3×(−1)+1×2=−2(AB)_{22}=(-1)\times1+3\times(-1)+1\times2=-2. 2. BA=(1711−3−12142)BA=\begin{pmatrix}1&7&1\\1&-3&-1\\2&14&2\end{pmatrix}. L'addition A+BA+B n'est pas définie car les tailles diffèrent. De même, AB+BAAB+BA n'est pas définie : on ne peut additionner une matrice 2×22\times2 et une matrice 3×33\times3.

Exercice 2 — Résoudre un système avec un inverse vérifié

  1. Pour A=(2111)A=\begin{pmatrix}2&1\\1&1\end{pmatrix} et B=(1−1−12)B=\begin{pmatrix}1&-1\\-1&2\end{pmatrix}, vérifier que B=A−1B=A^{-1}.
  2. Résoudre 2x+y=72x+y=7 et x+y=4x+y=4 par un produit matriciel, puis vérifier.
Corrigé détaillé
1. On calcule AB=(2−1−2+21−1−1+2)=I2AB=\begin{pmatrix}2-1&-2+2\\1-1&-1+2\end{pmatrix}=I_2 et BA=(2−11−1−2+2−1+2)=I2BA=\begin{pmatrix}2-1&1-1\\-2+2&-1+2\end{pmatrix}=I_2. Les deux produits confirment que BB est l'inverse de AA. 2. Le système s'écrit AX=(74)AX=\begin{pmatrix}7\\4\end{pmatrix}. Ainsi X=B(74)=(31)X=B\begin{pmatrix}7\\4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}. Vérification : 2×3+1=72\times3+1=7 et 3+1=43+1=4. L'inversibilité assure l'unicité.

Exercice 3 — Un système triangulaire à trois inconnues

  1. Résoudre le système x+2y−z=5x+2y-z=5, y+3z=7y+3z=7, z=2z=2 en remontant les équations.
  2. Avec A=(12−1013001)A=\begin{pmatrix}1&2&-1\\0&1&3\\0&0&1\end{pmatrix}, vérifier que B=(1−2701−3001)B=\begin{pmatrix}1&-2&7\\0&1&-3\\0&0&1\end{pmatrix} est son inverse, puis retrouver la solution.
Corrigé détaillé
1. La dernière équation donne z=2z=2. La deuxième donne y=7−3×2=1y=7-3\times2=1. La première donne x=5−2×1+2=5x=5-2\times1+2=5. La solution est donc (x,y,z)=(5;1;2)(x,y,z)=(5;1;2). 2. Les produits donnent AB=BA=I3AB=BA=I_3 ; notamment le coefficient (1;3)(1;3) de ABAB vaut 7−6−1=07-6-1=0, et celui de BABA vaut −1−6+7=0-1-6+7=0. Alors B(572)=(5−14+147−62)=(512)B\begin{pmatrix}5\\7\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5-14+14\\7-6\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\1\\2\end{pmatrix}.

Exercice 4 — L'ordre des transformations compte

  1. Soient A=(1101)A=\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix} et B=(2001)B=\begin{pmatrix}2&0\\0&1\end{pmatrix}. Calculer ABAB et BABA.
  2. Comparer (AB)2(AB)^2 et A2B2A^2B^2. Expliquer pourquoi la règle habituelle sur les puissances d'un produit ne s'applique pas.
Corrigé détaillé
1. On obtient AB=(2101)AB=\begin{pmatrix}2&1\\0&1\end{pmatrix} et BA=(2201)BA=\begin{pmatrix}2&2\\0&1\end{pmatrix}. Les coefficients (1;2)(1;2) diffèrent : AA et BB ne commutent pas. 2. (AB)2=(4301)(AB)^2=\begin{pmatrix}4&3\\0&1\end{pmatrix}, tandis que A2=(1201)A^2=\begin{pmatrix}1&2\\0&1\end{pmatrix} et B2=(4001)B^2=\begin{pmatrix}4&0\\0&1\end{pmatrix} donnent A2B2=(4201)A^2B^2=\begin{pmatrix}4&2\\0&1\end{pmatrix}. Pour passer de ABABABAB à AABBAABB, il faudrait permuter les facteurs centraux, ce qui est ici interdit.

Exercice 5 — Un produit nul avec deux facteurs non nuls

  1. Posons A=(1100)A=\begin{pmatrix}1&1\\0&0\end{pmatrix} et B=(10−10)B=\begin{pmatrix}1&0\\-1&0\end{pmatrix}. Calculer ABAB et BABA. Quelle propriété des nombres réels est mise en défaut ?
  2. Montrer directement que AA n'est pas inversible. Utiliser ensuite AB=0AB=0 pour donner une seconde justification.
Corrigé détaillé
1. AB=(0000)AB=\begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}, alors que BA=(11−1−1)≠0BA=\begin{pmatrix}1&1\\-1&-1\end{pmatrix}\ne0. Pourtant A≠0A\ne0 et B≠0B\ne0. Pour les matrices, un produit nul n'impose donc pas qu'un facteur soit nul. 2. Pour toute matrice CC, la deuxième ligne de ACAC est nulle : on ne peut donc avoir AC=I2AC=I_2. Autrement, si A−1A^{-1} existait, AB=0AB=0 donnerait B=A−10=0B=A^{-1}0=0, ce qui contredit la valeur de BB.

Exercice 6 — Des matrices qui commutent réellement

  1. Soit A=(0110)A=\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix} et B=2I2+3AB=2I_2+3A. Montrer que AB=BAAB=BA sans développer tous les coefficients.
  2. Calculer B2B^2 et donner une formule de AnA^n selon la parité de nn.
Corrigé détaillé
1. On a AB=A(2I2+3A)=2A+3A2AB=A(2I_2+3A)=2A+3A^2 et BA=(2I2+3A)A=2A+3A2BA=(2I_2+3A)A=2A+3A^2. Les deux produits sont égaux. Ici, BB est une expression polynomiale en AA, ce qui explique la commutation. 2. Comme A2=I2A^2=I_2, on a B2=4I2+12A+9A2=13I2+12A=(13121213)B^2=4I_2+12A+9A^2=13I_2+12A=\begin{pmatrix}13&12\\12&13\end{pmatrix}. Pour nn pair, An=I2A^n=I_2 ; pour nn impair, An=AA^n=A, car chaque paire de facteurs AA se remplace par I2I_2.

Exercice 7 — Une puissance obtenue par récurrence

  1. Soit N=(0400)N=\begin{pmatrix}0&4\\0&0\end{pmatrix} et A=I2+NA=I_2+N. Calculer N2N^2, puis prouver par récurrence que An=I2+nNA^n=I_2+nN pour tout entier n≥0n\geq0.
  2. Calculer A25A^{25} et résoudre An(12)=(812)A^n\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}81\\2\end{pmatrix} pour n∈Nn\in\mathbb{N}.
Corrigé détaillé
1. N2=0N^2=0. Au rang 00, A0=I2A^0=I_2. Si An=I2+nNA^n=I_2+nN, alors An+1=(I2+nN)(I2+N)=I2+(n+1)N+nN2=I2+(n+1)NA^{n+1}=(I_2+nN)(I_2+N)=I_2+(n+1)N+nN^2=I_2+(n+1)N. La formule est donc établie. 2. A25=(110001)A^{25}=\begin{pmatrix}1&100\\0&1\end{pmatrix}. Plus généralement, An(12)=(1+8n2)A^n\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1+8n\\2\end{pmatrix}. L'équation impose 1+8n=811+8n=81, donc n=10n=10, qui convient.

Exercice 8 — Une preuve matricielle pour Fibonacci

  1. On définit F0=0F_0=0, F1=1F_1=1 et Fn+2=Fn+1+FnF_{n+2}=F_{n+1}+F_n. Pour Q=(1110)Q=\begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}, prouver par récurrence que, pour n≥1n\geq1, Qn=(Fn+1FnFnFn−1)Q^n=\begin{pmatrix}F_{n+1}&F_n\\F_n&F_{n-1}\end{pmatrix}.
  2. Calculer Q5Q^5, puis déduire de Qm+n=QmQnQ^{m+n}=Q^mQ^n une identité d'addition valable pour m,n≥1m,n\geq1.
Corrigé détaillé
1. Au rang 11, F2=1F_2=1 et la formule donne bien QQ. Si elle est vraie au rang nn, la multiplication à droite par QQ donne (Fn+1+FnFn+1Fn+Fn−1Fn)=(Fn+2Fn+1Fn+1Fn)\begin{pmatrix}F_{n+1}+F_n&F_{n+1}\\F_n+F_{n-1}&F_n\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}F_{n+2}&F_{n+1}\\F_{n+1}&F_n\end{pmatrix}. C'est la formule au rang n+1n+1. 2. Les termes utiles sont F4=3F_4=3, F5=5F_5=5, F6=8F_6=8, donc Q5=(8553)Q^5=\begin{pmatrix}8&5\\5&3\end{pmatrix}. En comparant les coefficients (1;2)(1;2) dans le produit, on obtient Fm+n=Fm+1Fn+FmFn−1F_{m+n}=F_{m+1}F_n+F_mF_{n-1}. Cette identité découle directement de la formule prouvée.

Exercice 9 — Exploiter une diagonalisation fournie

  1. On donne A=(3113)A=\begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}, P=(111−1)P=\begin{pmatrix}1&1\\1&-1\end{pmatrix} et D=(4002)D=\begin{pmatrix}4&0\\0&2\end{pmatrix}. Vérifier P−1=12PP^{-1}=\frac12P et A=PDP−1A=PDP^{-1}.
  2. Établir une expression de AnA^n, puis calculer A3A^3.
Corrigé détaillé
1. P2=2I2P^2=2I_2, donc P(12P)=(12P)P=I2P(\frac12P)=(\frac12P)P=I_2. Puis PD=(424−2)PD=\begin{pmatrix}4&2\\4&-2\end{pmatrix} et PDP−1=12(6226)=APDP^{-1}=\frac12\begin{pmatrix}6&2\\2&6\end{pmatrix}=A. 2. Les facteurs P−1PP^{-1}P se simplifient dans les produits successifs, d'où An=PDnP−1=12(4n+2n4n−2n4n−2n4n+2n)A^n=PD^nP^{-1}=\frac12\begin{pmatrix}4^n+2^n&4^n-2^n\\4^n-2^n&4^n+2^n\end{pmatrix}. Pour n=3n=3, on obtient A3=(36282836)A^3=\begin{pmatrix}36&28\\28&36\end{pmatrix}.

Exercice 10 — Une matrice vérifiant une identité simple

  1. Soit J=13(111111111)J=\frac13\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&1\\1&1&1\end{pmatrix}. Vérifier J2=JJ^2=J, puis montrer que pour A=2I3+JA=2I_3+J, on a An=2nI3+(3n−2n)JA^n=2^nI_3+(3^n-2^n)J.
  2. Calculer A2A^2 et An(111)A^n\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}. Interpréter la seconde égalité.
Corrigé détaillé
1. Chaque coefficient de J2J^2 vaut 3×19=133\times\frac19=\frac13, donc J2=JJ^2=J. La formule est vraie pour n=0n=0. En multipliant son expression par 2I3+J2I_3+J, le coefficient de JJ devient 2n+3(3n−2n)=3n+1−2n+12^n+3(3^n-2^n)=3^{n+1}-2^{n+1} ; cela prouve l'hérédité. 2. A2=4I3+5J=(17/35/35/35/317/35/35/35/317/3)A^2=4I_3+5J=\begin{pmatrix}17/3&5/3&5/3\\5/3&17/3&5/3\\5/3&5/3&17/3\end{pmatrix}. Comme J(111)=(111)J\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}, on obtient An(111)=3n(111)A^n\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}=3^n\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}. Une situation initiale identique dans les trois composantes reste identique, avec un facteur 33 à chaque étape.

Exercice 11 — Inversibilité selon un paramètre

  1. Pour At=(1tt1)A_t=\begin{pmatrix}1&t\\t&1\end{pmatrix}, vérifier que si t≠1t\ne1 et t≠−1t\ne-1, alors At−1=11−t2(1−t−t1)A_t^{-1}=\frac1{1-t^2}\begin{pmatrix}1&-t\\-t&1\end{pmatrix}.
  2. Résoudre x+ty=2x+ty=2 et tx+y=2tx+y=2 pour toutes les valeurs réelles de tt.
Corrigé détaillé
1. Dans les deux ordres, le produit de AtA_t par (1−t−t1)\begin{pmatrix}1&-t\\-t&1\end{pmatrix} vaut (1−t2)I2(1-t^2)I_2. Lorsque 1−t2≠01-t^2\ne0, la division donne les deux identités requises. Pour t=1t=1, les deux lignes sont identiques ; pour t=−1t=-1, elles sont opposées, ce qui empêche l'existence d'un inverse. 2. Si t≠±1t\ne\pm1, l'inverse donne x=y=2(1−t)/(1−t2)=2/(1+t)x=y=2(1-t)/(1-t^2)=2/(1+t). Pour t=1t=1, les équations se réduisent à x+y=2x+y=2 : il existe une infinité de solutions. Pour t=−1t=-1, on demanderait simultanément x−y=2x-y=2 et x−y=−2x-y=-2 : aucune solution.

Exercice 12 — Production et besoins en matières premières

  1. Les colonnes de C=(211342)C=\begin{pmatrix}2&1\\1&3\\4&2\end{pmatrix} donnent les besoins en trois matières pour fabriquer une unité des produits PP et QQ. Calculer les besoins pour 1010 unités de PP et 66 de QQ.
  2. Les coûts unitaires des matières sont donnés par la ligne L=(3;2;1)L=(3;2;1). Calculer LCLC, puis le coût total de la commande de la première question.
Corrigé détaillé
1. Avec X=(106)X=\begin{pmatrix}10\\6\end{pmatrix}, les besoins valent CX=(262852)CX=\begin{pmatrix}26\\28\\52\end{pmatrix}. Par exemple, la deuxième matière nécessite 1×10+3×6=281\times10+3\times6=28 unités. Le produit a bien la taille 3×13\times1. 2. LC=(3×2+2×1+1×4, 3×1+2×3+1×2)=(12;11)LC=(3\times2+2\times1+1\times4,\ 3\times1+2\times3+1\times2)=(12;11). Les coûts des produits sont donc 1212 et 1111. Le coût total vaut (LC)X=12×10+11×6=186(LC)X=12\times10+11\times6=186. On retrouve L(CX)=3×26+2×28+52=186L(CX)=3\times26+2\times28+52=186.

Exercice 13 — Retrouver des quantités à partir de factures

  1. Deux articles coûtent respectivement 44 et 77 euros dans un magasin, et 55 et 66 euros dans un autre. Le même panier coûte 4747 euros dans le premier et 4545 euros dans le second. Modéliser et résoudre.
  2. Pour A=(4756)A=\begin{pmatrix}4&7\\5&6\end{pmatrix}, vérifier un inverse et retrouver le panier.
Corrigé détaillé
1. Si le panier contient xx unités du premier article et yy du second, on a 4x+7y=474x+7y=47 et 5x+6y=455x+6y=45. En soustrayant quatre fois la deuxième équation de cinq fois la première, on obtient 11y=5511y=55, donc y=5y=5, puis x=3x=3. 2. On propose B=111(−675−4)B=\frac1{11}\begin{pmatrix}-6&7\\5&-4\end{pmatrix}. Les calculs donnent AB=BA=I2AB=BA=I_2, car les produits avant division valent 11I211I_2. Alors B(4745)=111(3355)=(35)B\begin{pmatrix}47\\45\end{pmatrix}=\frac1{11}\begin{pmatrix}33\\55\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\5\end{pmatrix}.

Exercice 14 — Une suite affine écrite avec une matrice

  1. La suite (un)(u_n) vérifie u0=10u_0=10 et un+1=0,8un+6u_{n+1}=0{,}8u_n+6. Montrer que Xn=(un1)X_n=\begin{pmatrix}u_n\\1\end{pmatrix} vérifie Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_n pour une matrice AA à préciser.
  2. Établir une formule explicite pour unu_n, puis pour AnA^n, et déterminer la limite de unu_n.
Corrigé détaillé
1. On prend A=(0,8601)A=\begin{pmatrix}0{,}8&6\\0&1\end{pmatrix}. Alors AXn=(0,8un+61)=Xn+1AX_n=\begin{pmatrix}0{,}8u_n+6\\1\end{pmatrix}=X_{n+1}. Par répétition, Xn=AnX0X_n=A^nX_0. 2. Le nombre fixe vérifie ℓ=0,8ℓ+6\ell=0{,}8\ell+6, donc ℓ=30\ell=30. Ainsi un+1−30=0,8(un−30)u_{n+1}-30=0{,}8(u_n-30), d'où un=30−20(0,8)nu_n=30-20(0{,}8)^n. Plus généralement, An=((0,8)n30(1−(0,8)n)01)A^n=\begin{pmatrix}(0{,}8)^n&30(1-(0{,}8)^n)\\0&1\end{pmatrix}, formule vérifiable par récurrence. Comme (0,8)n→0(0{,}8)^n\to0, on a un→30u_n\to30.

Exercice 15 — Retrouver un état initial

  1. Une évolution est donnée par Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_n, avec A=(2101)A=\begin{pmatrix}2&1\\0&1\end{pmatrix}. Vérifier que A−1=(1/2−1/201)A^{-1}=\begin{pmatrix}1/2&-1/2\\0&1\end{pmatrix}.
  2. Sachant que X3=(475)X_3=\begin{pmatrix}47\\5\end{pmatrix}, retrouver X0X_0 et vérifier par trois évolutions.
Corrigé détaillé
1. Dans AA−1AA^{-1}, le coefficient (1;2)(1;2) vaut 2×(−1/2)+1=02\times(-1/2)+1=0 ; les coefficients diagonaux valent 11. Dans l'autre ordre, le coefficient (1;2)(1;2) vaut 1/2−1/2=01/2-1/2=0. Les deux produits sont donc I2I_2. 2. La seconde composante reste égale à 55. Pour la première, on remonte par xn=(xn+1−5)/2x_n=(x_{n+1}-5)/2 : x2=21x_2=21, x1=8x_1=8, x0=3/2x_0=3/2. Donc X0=(3/25)X_0=\begin{pmatrix}3/2\\5\end{pmatrix}. En avant : 2×(3/2)+5=82\times(3/2)+5=8, puis 2121, puis 4747.

Exercice 16 — Une matrice nilpotente d'ordre trois

  1. Soient N=(010001000)N=\begin{pmatrix}0&1&0\\0&0&1\\0&0&0\end{pmatrix} et A=I3+NA=I_3+N. Calculer N2N^2 et N3N^3.
  2. Prouver par récurrence que An=I3+nN+n(n−1)2N2A^n=I_3+nN+\frac{n(n-1)}2N^2, puis calculer A5A^5.
Corrigé détaillé
1. N2=(001000000)N^2=\begin{pmatrix}0&0&1\\0&0&0\\0&0&0\end{pmatrix} et N3=0N^3=0. La première multiplication décale la seule liaison possible sur deux étapes ; une troisième multiplication donne tous les coefficients nuls. 2. La formule est vraie pour n=0n=0. En multipliant par I3+NI_3+N et en utilisant N3=0N^3=0, le coefficient de NN devient n+1n+1 et celui de N2N^2 devient n(n−1)2+n=n(n+1)2\frac{n(n-1)}2+n=\frac{n(n+1)}2. Donc A5=(1510015001)A^5=\begin{pmatrix}1&5&10\\0&1&5\\0&0&1\end{pmatrix}.

Exercice 17 — Une équation matricielle à résoudre dans le bon ordre

  1. Soient A=(1101)A=\begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix} et C=(2345)C=\begin{pmatrix}2&3\\4&5\end{pmatrix}. Résoudre AX=CAX=C.
  2. Résoudre YA=CYA=C et comparer les solutions. Pourquoi ne peut-on pas déplacer librement A−1A^{-1} ?
Corrigé détaillé
1. A−1=(1−101)A^{-1}=\begin{pmatrix}1&-1\\0&1\end{pmatrix}, comme le vérifient les deux produits. En multipliant à gauche, X=A−1C=(−2−245)X=A^{-1}C=\begin{pmatrix}-2&-2\\4&5\end{pmatrix}. On vérifie AX=CAX=C. 2. On multiplie cette fois à droite : Y=CA−1=(2141)Y=CA^{-1}=\begin{pmatrix}2&1\\4&1\end{pmatrix}. Les matrices XX et YY sont différentes. L'ordre des facteurs doit être conservé : A−1CA^{-1}C ne peut pas être remplacé en général par CA−1CA^{-1}.

Exercice 18 — Sommer des puissances sans formule scalaire abusive

  1. Pour une matrice carrée AA, poser Sn=I+A+⋯+AnS_n=I+A+\cdots+A^n. Démontrer (I−A)Sn=I−An+1(I-A)S_n=I-A^{n+1}.
  2. Pour A=(1/2001/3)A=\begin{pmatrix}1/2&0\\0&1/3\end{pmatrix}, calculer SnS_n et sa limite coefficient par coefficient.
Corrigé détaillé
1. En développant, (I−A)Sn=(I+A+⋯+An)−(A+A2+⋯+An+1)(I-A)S_n=(I+A+\cdots+A^n)-(A+A^2+\cdots+A^{n+1}). Tous les termes intermédiaires s'annulent, laissant I−An+1I-A^{n+1}. La preuve n'utilise aucune division matricielle. 2. Chaque puissance est diagonale. Ainsi Sn=(2(1−2−(n+1))0032(1−3−(n+1)))S_n=\begin{pmatrix}2(1-2^{-(n+1)})&0\\0&\frac32(1-3^{-(n+1)})\end{pmatrix}. Les deux suites géométriques tendent vers zéro, donc Sn→(2003/2)S_n\to\begin{pmatrix}2&0\\0&3/2\end{pmatrix}. Cette limite est aussi l'inverse de I−AI-A.

Exercice 19 — Calculer un inverse à partir d'une identité polynomiale

  1. Soit A=(1221)A=\begin{pmatrix}1&2\\2&1\end{pmatrix}. Calculer A2A^2 et vérifier A2−2A=3I2A^2-2A=3I_2.
  2. En déduire un inverse de AA, puis calculer A3A^3 sans effectuer un produit complet coefficient par coefficient.
Corrigé détaillé
1. A2=(5445)A^2=\begin{pmatrix}5&4\\4&5\end{pmatrix} et 2A=(2442)2A=\begin{pmatrix}2&4\\4&2\end{pmatrix}. Leur différence est bien 3I23I_2. 2. L'identité donne A(A−2I2)=(A−2I2)A=3I2A(A-2I_2)=(A-2I_2)A=3I_2. Donc A−1=13(A−2I2)=13(−122−1)A^{-1}=\frac13(A-2I_2)=\frac13\begin{pmatrix}-1&2\\2&-1\end{pmatrix}. De plus, A3=2A2+3A=7A+6I2=(13141413)A^3=2A^2+3A=7A+6I_2=\begin{pmatrix}13&14\\14&13\end{pmatrix}.

Exercice 20 — Deux populations couplées

  1. Deux effectifs satisfont un+1=2un+vnu_{n+1}=2u_n+v_n et vn+1=un+2vnv_{n+1}=u_n+2v_n, avec u0=3u_0=3, v0=1v_0=1. Introduire sn=un+vns_n=u_n+v_n et dn=un−vnd_n=u_n-v_n, puis déterminer ces deux suites.
  2. En déduire un,vnu_n,v_n, puis la puissance de A=(2112)A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix} pour un état initial quelconque.
Corrigé détaillé
1. En additionnant, sn+1=3sns_{n+1}=3s_n et s0=4s_0=4, donc sn=4×3ns_n=4\times3^n. En soustrayant, dn+1=dnd_{n+1}=d_n et d0=2d_0=2, donc dn=2d_n=2. Le couplage se simplifie en une croissance géométrique et une différence constante. 2. un=(sn+dn)/2=2×3n+1u_n=(s_n+d_n)/2=2\times3^n+1 et vn=2×3n−1v_n=2\times3^n-1. Pour un état initial (u0,v0)(u_0,v_0) quelconque, le même raisonnement donne An=12(3n+13n−13n−13n+1)A^n=\frac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\3^n-1&3^n+1\end{pmatrix}. Au rang 00, cette expression donne bien I2I_2.