Terminale maths expertes

Complexes : module, argument et forme exponentielle — 20 exercices

Vingt exercices progressifs de Terminale Maths expertes sur les formes trigonométrique et exponentielle : choix du quadrant, arguments modulo 2π2\pi, formule de Moivre, formules d’Euler, sommes et transformations. Les conditions de définition et les cas exceptionnels sont expliqués dans chaque corrigé.

L'essentiel à retenir

  • Pour tout réel θ\theta, eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta. Un complexe non nul s'écrit z=reiθz=re^{i\theta} avec r=∣z∣>0r=|z|>0 ; les arguments possibles sont les réels θ+2kπ\theta+2k\pi, k∈Zk\in\mathbb Z.
  • Dans cette série, l'argument principal appartient à ]−π,π]]-\pi,\pi]. Ainsi l'argument principal d'un réel strictement négatif vaut π\pi, et non −π-\pi. Zéro n'a pas d'argument.
  • On a eiαeiβ=ei(α+β)e^{i\alpha}e^{i\beta}=e^{i(\alpha+\beta)} et eiα/eiβ=ei(α−β)e^{i\alpha}/e^{i\beta}=e^{i(\alpha-\beta)}. L'égalité eiα=eiβe^{i\alpha}=e^{i\beta} équivaut à α−β∈2πZ\alpha-\beta\in2\pi\mathbb Z.
  • Pour un entier nn, la formule de Moivre donne (reiθ)n=rneinθ(re^{i\theta})^n=r^ne^{in\theta}, avec r>0r>0 si nn est négatif. Pour une puissance réelle d'un complexe, il faut fixer une convention d'argument ; les propriétés usuelles demandent alors des précautions.
  • Les formules d'Euler sont cos⁡x=(eix+e−ix)/2\cos x=(e^{ix}+e^{-ix})/2 et sin⁡x=(eix−e−ix)/(2i)\sin x=(e^{ix}-e^{-ix})/(2i). Elles servent à linéariser des puissances et à calculer des sommes.
  • Pour q≠1q\ne1, ∑k=0n−1qk=(1−qn)/(1−q)\sum_{k=0}^{n-1}q^k=(1-q^n)/(1-q). Si q=eixq=e^{ix}, il faut traiter séparément les valeurs x∈2πZx\in2\pi\mathbb Z avant toute division par sin⁡(x/2)\sin(x/2).
  • Une transformation z↦a+eiθ(z−a)z\mapsto a+e^{i\theta}(z-a) est une rotation de centre d'affixe aa et d'angle θ\theta. Plus généralement, un coefficient reiθre^{i\theta} combine un rapport de distances rr et un angle θ\theta.
  • Pour trois points distincts d'affixes a,b,ca,b,c, un argument de (c−a)/(b−a)(c-a)/(b-a) représente l'angle orienté des vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC}, modulo 2π2\pi. Un angle non orienté nécessite ensuite un choix dans [0,π][0,\pi].

Exercice 1 — Quadrant et forme exponentielle exacte

On considère z=−3+iz=-\sqrt3+i et w=−1−iw=-1-i.
  1. Déterminer leurs modules et leurs arguments principaux dans ]−π,π]]-\pi,\pi].
  2. Donner une forme exponentielle de z/wz/w.
  3. Retrouver sa forme algébrique et expliquer pourquoi la tangente seule ne suffit pas à choisir un argument.
Corrigé détaillé
  1. On a ∣z∣=3+1=2|z|=\sqrt{3+1}=2. Ainsi Re⁡(z)/∣z∣=−3/2\operatorname{Re}(z)/|z|=-\sqrt3/2 et Im⁡(z)/∣z∣=1/2\operatorname{Im}(z)/|z|=1/2. Le point est dans le deuxième quadrant, donc Arg⁡(z)=5π/6\operatorname{Arg}(z)=5\pi/6 et z=2e5iπ/6z=2e^{5i\pi/6}. De même, ∣w∣=2|w|=\sqrt2 ; ses deux coordonnées sont négatives, donc son argument principal est −3π/4-3\pi/4 et w=2e−3iπ/4w=\sqrt2e^{-3i\pi/4}.
  2. Le quotient vaut z/w=2ei(5π/6+3π/4)=2e19iπ/12z/w=\sqrt2e^{i(5\pi/6+3\pi/4)}=\sqrt2e^{19i\pi/12}. En retirant 2π2\pi, on obtient l'argument principal −5π/12-5\pi/12. Une forme exponentielle avec argument principal est donc 2e−5iπ/12\sqrt2e^{-5i\pi/12}.
  3. Directement, z/w=((−3+i)(−1+i))/2=(3−1)/2−i(3+1)/2z/w=((-\sqrt3+i)(-1+i))/2=(\sqrt3-1)/2-i(\sqrt3+1)/2. La partie réelle est positive et la partie imaginaire négative : le quotient est bien dans le quatrième quadrant. Une valeur de tangente ne détermine un angle que modulo π\pi, car tan⁡(θ+π)=tan⁡θ\tan(\theta+\pi)=\tan\theta. Les signes du cosinus et du sinus, ou ceux des coordonnées, sont indispensables pour distinguer les deux directions opposées.

Exercice 2 — Argument principal et coupure de branche

Pour θ∈]−π,π]\theta\in]-\pi,\pi], on pose zθ=eiθz_\theta=e^{i\theta}.
  1. Déterminer Arg⁡(zθ2)\operatorname{Arg}(z_\theta^2) en fonction de θ\theta.
  2. Donner un exemple où Arg⁡(z2)≠2Arg⁡(z)\operatorname{Arg}(z^2)\ne2\operatorname{Arg}(z).
  3. Déterminer quand l'égalité est vraie comme égalité de réels, et non seulement modulo 2π2\pi.
Corrigé détaillé
  1. On a toujours zθ2=e2iθz_\theta^2=e^{2i\theta}, mais 2θ2\theta peut sortir de l'intervalle principal. Si −π<θ≤−π/2-\pi<\theta\leq-\pi/2, alors −2π<2θ≤−π-2\pi<2\theta\leq-\pi ; il faut ajouter 2π2\pi, ce qui donne Arg⁡(zθ2)=2θ+2π\operatorname{Arg}(z_\theta^2)=2\theta+2\pi. Si −π/2<θ≤π/2-\pi/2<\theta\leq\pi/2, alors −π<2θ≤π-\pi<2\theta\leq\pi, donc l'argument principal vaut 2θ2\theta. Enfin, si π/2<θ≤π\pi/2<\theta\leq\pi, on retire 2π2\pi et l'on obtient 2θ−2π2\theta-2\pi. Le traitement de θ=−π/2\theta=-\pi/2 est particulier : le carré vaut −1-1, dont l'argument principal est π\pi, pas −π-\pi.
  2. Prenons z=e3iπ/4z=e^{3i\pi/4}. Alors 2Arg⁡(z)=3π/22\operatorname{Arg}(z)=3\pi/2, tandis que z2=e3iπ/2z^2=e^{3i\pi/2} a pour argument principal −π/2-\pi/2. Les deux nombres diffèrent de 2π2\pi.
  3. L'égalité réelle Arg⁡(zθ2)=2θ\operatorname{Arg}(z_\theta^2)=2\theta est vraie exactement lorsque 2θ∈]−π,π]2\theta\in]-\pi,\pi], soit −π/2<θ≤π/2-\pi/2<\theta\leq\pi/2. Dans tous les cas, la congruence Arg⁡(zθ2)≡2θ(mod2π)\operatorname{Arg}(z_\theta^2)\equiv2\theta\pmod{2\pi} reste vraie. Il faut donc distinguer une identité d'arguments modulo 2π2\pi d'une identité entre représentants principaux.

Exercice 3 — Grande puissance par la formule de Moivre

  1. Calculer exactement (3+i)12(\sqrt3+i)^{12}.
  2. Calculer (3+i)−3(\sqrt3+i)^{-3} sous forme algébrique.
  3. Retrouver cette seconde valeur en calculant d'abord le cube puis son inverse.
Corrigé détaillé
  1. Le module de 3+i\sqrt3+i vaut 22 et son argument principal est π/6\pi/6, car son cosinus normalisé vaut 3/2\sqrt3/2 et son sinus normalisé 1/21/2. Ainsi 3+i=2eiπ/6\sqrt3+i=2e^{i\pi/6}. Par la formule de Moivre, (3+i)12=212e2iπ=4096(\sqrt3+i)^{12}=2^{12}e^{2i\pi}=4096.
  2. Le nombre de départ étant non nul, la puissance négative est définie. On obtient (3+i)−3=2−3e−iπ/2=18(0−i)=−i/8(\sqrt3+i)^{-3}=2^{-3}e^{-i\pi/2}=\frac18(0-i)=-i/8. Le module est donc 1/81/8, ce qui est cohérent avec le fait que l'on inverse un cube de module 23=82^3=8.
  3. Calculons d'abord le carré : (3+i)2=3+23i−1=2+23i(\sqrt3+i)^2=3+2\sqrt3i-1=2+2\sqrt3i. En multipliant une fois encore par 3+i\sqrt3+i, on trouve (2+23i)(3+i)=23+2i+6i−23=8i(2+2\sqrt3i)(\sqrt3+i)=2\sqrt3+2i+6i-2\sqrt3=8i. Son inverse vaut 1/(8i)=−i/81/(8i)=-i/8, car i(−i)=1i(-i)=1. Ce contrôle met en évidence les avantages de Moivre : le calcul de la douzième puissance est immédiat alors qu'un développement direct serait long. Il rappelle aussi que z−3z^{-3} signifie 1/z31/z^3 et ne désigne pas une recherche de racines cubiques.

Exercice 4 — Formules d'Euler et linéarisation de puissances

  1. Démontrer cos⁡3x=(3cos⁡x+cos⁡3x)/4\cos^3x=(3\cos x+\cos3x)/4 avec les exponentielles.
  2. Démontrer de même sin⁡3x=(3sin⁡x−sin⁡3x)/4\sin^3x=(3\sin x-\sin3x)/4.
  3. En déduire la valeur exacte de cos⁡3(π/9)−34cos⁡(π/9)\cos^3(\pi/9)-\frac34\cos(\pi/9).
Corrigé détaillé
  1. La formule d'Euler donne cos⁡x=(eix+e−ix)/2\cos x=(e^{ix}+e^{-ix})/2. En élevant au cube, 8cos⁡3x=e3ix+3eix+3e−ix+e−3ix8\cos^3x=e^{3ix}+3e^{ix}+3e^{-ix}+e^{-3ix}. On regroupe les termes conjugués : e3ix+e−3ix=2cos⁡3xe^{3ix}+e^{-3ix}=2\cos3x et 3eix+3e−ix=6cos⁡x3e^{ix}+3e^{-ix}=6\cos x. En divisant par 88, on obtient cos⁡3x=(cos⁡3x+3cos⁡x)/4\cos^3x=(\cos3x+3\cos x)/4.
  2. De même, sin⁡x=(eix−e−ix)/(2i)\sin x=(e^{ix}-e^{-ix})/(2i). Le cube du dénominateur vaut (2i)3=−8i(2i)^3=-8i. Le numérateur développé est e3ix−3eix+3e−ix−e−3ixe^{3ix}-3e^{ix}+3e^{-ix}-e^{-3ix}. Il se réécrit (e3ix−e−3ix)−3(eix−e−ix)=2isin⁡3x−6isin⁡x(e^{3ix}-e^{-3ix})-3(e^{ix}-e^{-ix})=2i\sin3x-6i\sin x. La division par −8i-8i donne sin⁡3x=(3sin⁡x−sin⁡3x)/4\sin^3x=(3\sin x-\sin3x)/4. Le signe négatif du cube de ii explique le signe devant sin⁡3x\sin3x.
  3. La première identité donne cos⁡3x−34cos⁡x=14cos⁡3x\cos^3x-\frac34\cos x=\frac14\cos3x. Pour x=π/9x=\pi/9, on a 3x=π/33x=\pi/3 et cos⁡(π/3)=1/2\cos(\pi/3)=1/2. La valeur cherchée est donc 1/81/8, sans qu'il soit nécessaire de connaître une expression algébrique de cos⁡(π/9)\cos(\pi/9).

Exercice 5 — Somme de cosinus en progression arithmétique

Pour n≥1n\geq1, on pose Cn=∑k=0n−1cos⁡(a+kd)C_n=\sum_{k=0}^{n-1}\cos(a+kd), avec a,d∈Ra,d\in\mathbb R.
  1. Établir une formule fermée lorsque d∉2πZd\notin2\pi\mathbb Z.
  2. Traiter le cas exclu.
  3. Calculer cos⁡(π/12)+cos⁡(π/4)+cos⁡(5π/12)\cos(\pi/12)+\cos(\pi/4)+\cos(5\pi/12).
Corrigé détaillé
  1. Considérons Sn=∑k=0n−1ei(a+kd)=eia(1−eind)/(1−eid)S_n=\sum_{k=0}^{n-1}e^{i(a+kd)}=e^{ia}(1-e^{ind})/(1-e^{id}), la division étant autorisée parce que d∉2πZd\notin2\pi\mathbb Z. Pour tout réel tt, 1−eit=−2ieit/2sin⁡(t/2)1-e^{it}=-2ie^{it/2}\sin(t/2). Ainsi Sn=ei(a+(n−1)d/2)sin⁡(nd/2)/sin⁡(d/2)S_n=e^{i(a+(n-1)d/2)}\sin(nd/2)/\sin(d/2). Le quotient des sinus est réel, éventuellement négatif ; on peut donc prendre la partie réelle sans supposer qu'il est un module. Il vient Cn=sin⁡(nd/2)sin⁡(d/2)cos⁡(a+(n−1)d2)C_n=\frac{\sin(nd/2)}{\sin(d/2)}\cos\left(a+\frac{(n-1)d}{2}\right).
  2. Si d∈2πZd\in2\pi\mathbb Z, chaque terme vaut cos⁡a\cos a, donc Cn=ncos⁡aC_n=n\cos a. Il ne faut pas remplacer directement dd dans la formule précédente, dont le dénominateur s'annule. La somme initiale reste pourtant parfaitement définie.
  3. Ici n=3n=3, a=π/12a=\pi/12 et d=π/6d=\pi/6. La formule donne C3=sin⁡(π/4)cos⁡(π/4)/sin⁡(π/12)=1/(2sin⁡(π/12))C_3=\sin(\pi/4)\cos(\pi/4)/\sin(\pi/12)=1/(2\sin(\pi/12)). Or sin⁡(π/12)=(6−2)/4\sin(\pi/12)=(\sqrt6-\sqrt2)/4. Ainsi C3=2/(6−2)=(6+2)/2C_3=2/(\sqrt6-\sqrt2)=(\sqrt6+\sqrt2)/2. Le résultat est positif, conformément au fait que les trois angles sont dans le premier quadrant.

Exercice 6 — Somme complexe finie et annulation exacte

Pour x∈Rx\in\mathbb R, on définit G(x)=1+eix+e2ix+e3ixG(x)=1+e^{ix}+e^{2ix}+e^{3ix}.
  1. Factoriser G(x)G(x) en un produit faisant apparaître deux cosinus.
  2. Déterminer son module.
  3. Résoudre G(x)=0G(x)=0 sur [0,2π[[0,2\pi[ sans chercher de racines n-ièmes.
Corrigé détaillé
  1. On peut regrouper les termes sous la forme G(x)=(1+eix)(1+e2ix)G(x)=(1+e^{ix})(1+e^{2ix}). Les identités 1+eix=2eix/2cos⁡(x/2)1+e^{ix}=2e^{ix/2}\cos(x/2) et 1+e2ix=2eixcos⁡x1+e^{2ix}=2e^{ix}\cos x donnent G(x)=4e3ix/2cos⁡(x/2)cos⁡xG(x)=4e^{3ix/2}\cos(x/2)\cos x. Cette factorisation est valable pour tout réel xx et ne comporte aucun dénominateur : aucun cas particulier n'a donc été perdu.
  2. Comme ∣e3ix/2∣=1|e^{3ix/2}|=1, le module vaut ∣G(x)∣=4∣cos⁡(x/2)cos⁡x∣|G(x)|=4|\cos(x/2)\cos x|. Il serait incorrect de supprimer les valeurs absolues sur tout l'intervalle, car le produit des cosinus change de signe. Par exemple, pour x=2π/3x=2\pi/3, cos⁡(x/2)>0\cos(x/2)>0 mais cos⁡x<0\cos x<0.
  3. L'exponentielle n'étant jamais nulle, G(x)=0G(x)=0 équivaut à cos⁡(x/2)=0\cos(x/2)=0 ou cos⁡x=0\cos x=0. Sur [0,2π[[0,2\pi[, la première condition donne x=πx=\pi ; la seconde donne x=π/2x=\pi/2 ou x=3π/2x=3\pi/2. Les solutions sont donc {π/2,π,3π/2}\{\pi/2,\pi,3\pi/2\}. À x=0x=0, la somme vaut 44 et ne s'annule pas. La résolution repose ici sur une factorisation et des équations trigonométriques élémentaires, pas sur une liste de racines de l'unité.

Exercice 7 — Argument d'un inverse et choix de l'angle

Soit z=−2−23iz=-2-2\sqrt3i.
  1. Donner une forme exponentielle de zz avec argument principal.
  2. Déterminer l'argument principal et la forme algébrique de 1/z1/z.
  3. Expliquer la règle générale pour l'argument principal de l'inverse, notamment sur l'axe réel négatif.
Corrigé détaillé
  1. Le module vaut 4+12=4\sqrt{4+12}=4. Les coordonnées normalisées sont −1/2-1/2 et −3/2-\sqrt3/2. Le nombre appartient au troisième quadrant ; son argument principal dans ]−π,π]]-\pi,\pi] est donc −2π/3-2\pi/3. Ainsi z=4e−2iπ/3z=4e^{-2i\pi/3}.
  2. L'inverse est 1/z=14e2iπ/31/z=\frac14e^{2i\pi/3}. L'angle 2π/32\pi/3 appartient déjà à l'intervalle principal. En revenant à la forme algébrique, 1/z=14(−1/2+i3/2)=−1/8+i3/81/z=\frac14(-1/2+i\sqrt3/2)=-1/8+i\sqrt3/8. Le calcul par le conjugué confirme : 1/z=(−2+23i)/16=−1/8+i3/81/z=(-2+2\sqrt3i)/16=-1/8+i\sqrt3/8.
  3. Si θ\theta est un argument de z≠0z\ne0, alors −θ-\theta est un argument de 1/z1/z, car le produit des exponentielles vaut 11. Pour les arguments principaux, on a généralement Arg⁡(1/z)=−Arg⁡(z)\operatorname{Arg}(1/z)=-\operatorname{Arg}(z) lorsque Arg⁡(z)∈]−π,π[\operatorname{Arg}(z)\in]-\pi,\pi[. Cependant, si zz est réel strictement négatif, son argument principal vaut π\pi, et −π-\pi est exclu de notre intervalle. L'inverse est encore réel strictement négatif ; son argument principal vaut donc π\pi, non −π-\pi. La règle correcte est toujours une congruence modulo 2π2\pi, suivie du choix du représentant autorisé.

Exercice 8 — Approfondissement hors programme — Puissances réelles : une convention à expliciter

On pose z=4e2iπ/3z=4e^{2i\pi/3}. Pour t∈Rt\in\mathbb R, on définit ici z[t]=4te2iπt/3z^{[t]}=4^te^{2i\pi t/3} en conservant cet argument fixé.
  1. Déterminer les tt pour lesquels z[t]z^{[t]} est réel, puis réel strictement positif.
  2. Calculer z[1/2]z^{[1/2]}.
  3. Montrer qu'un autre argument du même zz peut changer cette valeur.
Corrigé détaillé
  1. Le facteur 4t4^t est strictement positif pour tout réel tt. Ainsi z[t]z^{[t]} est réel si et seulement si sin⁡(2πt/3)=0\sin(2\pi t/3)=0, soit 2πt/3=kπ2\pi t/3=k\pi avec k∈Zk\in\mathbb Z. On obtient t=3k/2t=3k/2. La valeur est alors 43k/2(−1)k4^{3k/2}(-1)^k ; elle est strictement positive exactement lorsque kk est pair, c'est-à-dire t∈3Zt\in3\mathbb Z. Pour kk impair, elle est strictement négative. Elle n'est jamais nulle.
  2. Avec la convention donnée, z[1/2]=2eiπ/3=1+i3z^{[1/2]}=2e^{i\pi/3}=1+i\sqrt3. Son carré est bien 4e2iπ/3=z4e^{2i\pi/3}=z. Le calcul ne prétend pas définir une puissance réelle indépendante de tout choix d'argument : il applique la définition explicite de l'énoncé.
  3. Le même nombre s'écrit z=4ei(2π/3+2π)=4e8iπ/3z=4e^{i(2\pi/3+2\pi)}=4e^{8i\pi/3}. Si l'on utilisait cet argument pour définir la puissance d'exposant 1/21/2, on obtiendrait 2e4iπ/3=−1−i32e^{4i\pi/3}=-1-i\sqrt3, valeur opposée à la précédente. Plus généralement, ajouter 2kπ2k\pi à l'argument multiplie la puissance d'exposant tt par e2ikπte^{2ik\pi t}. Pour les exposants entiers, ce facteur vaut toujours 11 ; pour un exposant réel quelconque, ce n'est pas le cas. C'est pourquoi la formule des puissances entières ne fournit pas, à elle seule, une définition univoque des puissances réelles complexes.

Exercice 9 — Une suite récurrente et sa trajectoire en spirale

On définit z0=3z_0=3 et zn+1=1+i2zn+1−iz_{n+1}=\frac{1+i}{2}z_n+1-i.
  1. Déterminer le point fixe, puis une expression explicite de znz_n.
  2. Décrire l'évolution des distances et des angles par rapport à ce point.
  3. Étudier la limite et les indices pour lesquels znz_n est réel.
Corrigé détaillé
  1. Le point fixe ℓ\ell vérifie ℓ=1+i2ℓ+1−i\ell=\frac{1+i}{2}\ell+1-i, donc 1−i2ℓ=1−i\frac{1-i}{2}\ell=1-i, d'où ℓ=2\ell=2. Posons un=zn−2u_n=z_n-2. La relation devient un+1=qunu_{n+1}=qu_n, avec q=(1+i)/2q=(1+i)/2, et u0=1u_0=1. Ainsi un=qnu_n=q^n. Comme q=2−1/2eiπ/4q=2^{-1/2}e^{i\pi/4}, on obtient zn=2+2−n/2einπ/4z_n=2+2^{-n/2}e^{in\pi/4}.
  2. La distance au point d'affixe 22 vaut ∣zn−2∣=2−n/2|z_n-2|=2^{-n/2}. Elle est multipliée à chaque étape par 1/21/\sqrt2. En outre, unu_n n'est jamais nul, donc l'angle orienté entre deux positions successives par rapport au centre est toujours π/4\pi/4 modulo 2π2\pi. La trajectoire discrète tourne donc de 4545 degrés à chaque étape tout en se rapprochant du centre. Après huit étapes, l'angle a augmenté de 2π2\pi et la distance a été divisée par 1616.
  3. Puisque 0<1/2<10<1/\sqrt2<1, le terme 2−n/22^{-n/2} tend vers zéro ; par conséquent zn→2z_n\to2. La suite n'atteint jamais 22, car qn≠0q^n\ne0. Enfin, znz_n est réel exactement lorsque sin⁡(nπ/4)=0\sin(n\pi/4)=0, soit nπ/4∈πZn\pi/4\in\pi\mathbb Z. Pour n∈Nn\in\mathbb N, cela équivaut à nn multiple de 44. On a alors z4k=2+(−1)k2−2kz_{4k}=2+(-1)^k2^{-2k}, ce qui décrit l'alternance des positions réelles autour du centre.

Exercice 10 — Identifier une rotation à partir d'une écriture affine

On considère f(z)=iz+2+if(z)=iz+2+i.
  1. Trouver son point fixe et écrire f(z)−af(z)-a en fonction de z−az-a.
  2. Identifier la transformation et calculer l'image de 00.
  3. Déterminer f∘ff\circ f puis f4f^4, où f4f^4 désigne la quatrième composée.
Corrigé détaillé
  1. Un point fixe aa vérifie a=ia+2+ia=ia+2+i, donc (1−i)a=2+i(1-i)a=2+i. En multipliant par 1+i1+i, on obtient a=((2+i)(1+i))/2=(1+3i)/2a=((2+i)(1+i))/2=(1+3i)/2. Comme a=ia+2+ia=ia+2+i, on peut soustraire cette égalité à la définition de ff : f(z)−a=i(z−a)=eiπ/2(z−a)f(z)-a=i(z-a)=e^{i\pi/2}(z-a).
  2. La transformation est donc la rotation de centre d'affixe a=1/2+3i/2a=1/2+3i/2 et d'angle π/2\pi/2. Elle conserve toutes les distances au centre et fait tourner chaque vecteur issu du centre d'un quart de tour dans le sens direct. L'image de l'origine est f(0)=2+if(0)=2+i. On peut vérifier la conservation de la distance : ∣0−a∣2=1/4+9/4=5/2|0-a|^2=1/4+9/4=5/2, et ∣(2+i)−a∣2=∣3/2−i/2∣2=9/4+1/4=5/2|(2+i)-a|^2=|3/2-i/2|^2=9/4+1/4=5/2.
  3. En composant dans l'écriture centrée, f(f(z))−a=i2(z−a)=−(z−a)f(f(z))-a=i^2(z-a)=-(z-a), donc f∘f(z)=2a−z=1+3i−zf\circ f(z)=2a-z=1+3i-z. C'est le demi-tour de centre aa. Après quatre compositions, f4(z)−a=i4(z−a)=z−af^4(z)-a=i^4(z-a)=z-a, donc f4(z)=zf^4(z)=z pour tout complexe zz. Il faut distinguer cette notation de la quatrième puissance du nombre f(z)f(z) : il s'agit ici d'itérer une transformation.

Exercice 11 — Quotient d'affixes et angle orienté d'un triangle

Les points A,B,CA,B,C ont pour affixes a=1+ia=1+i, b=3+ib=3+i et c=2+i(1+3)c=2+i(1+\sqrt3).
  1. Calculer (c−a)/(b−a)(c-a)/(b-a) sous forme exponentielle.
  2. En déduire la nature du triangle et l'angle orienté (AB→,AC→)(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}).
  3. Calculer son aire sans utiliser un dessin.
Corrigé détaillé
  1. On a b−a=2b-a=2 et c−a=1+i3c-a=1+i\sqrt3. Le quotient vaut donc 12+i32=eiπ/3\frac12+i\frac{\sqrt3}{2}=e^{i\pi/3}. Son module est 11 et un argument est π/3\pi/3. Les trois points sont distincts, donc le quotient et l'angle orienté sont bien définis.
  2. Le module du quotient vaut AC/ABAC/AB, d'où AC=AB=2AC=AB=2. Son argument représente l'angle orienté de AB→\overrightarrow{AB} vers AC→\overrightarrow{AC}, donc cet angle vaut π/3\pi/3 modulo 2π2\pi. L'angle non orienté en AA vaut donc π/3\pi/3. Pour conclure sans invoquer seulement une figure, calculons c−b=−1+i3c-b=-1+i\sqrt3, de module 22. Ainsi BC=2BC=2 également : le triangle est équilatéral. Le signe positif de la partie imaginaire du quotient indique que CC se trouve du côté direct par rapport au vecteur AB→\overrightarrow{AB}.
  3. L'aire vaut la moitié du produit de deux côtés issus de AA par le sinus de l'angle compris : A=12×2×2×sin⁡(π/3)=3\mathcal A=\frac12\times2\times2\times\sin(\pi/3)=\sqrt3. On peut aussi prendre ABAB comme base horizontale de longueur 22 ; la différence des ordonnées entre CC et la droite (AB)(AB) vaut 3\sqrt3, ce qui donne la même aire.

Exercice 12 — Paramètre réel et alignement d'une phase

Pour t∈Rt\in\mathbb R, on pose Zt=(t+i)e−iπ/4Z_t=(t+i)e^{-i\pi/4}.
  1. Déterminer les tt pour lesquels ZtZ_t est réel, puis réel strictement positif.
  2. Déterminer les tt pour lesquels il est imaginaire pur.
  3. Donner les arguments principaux de t+it+i dans les deux cas particuliers obtenus.
Corrigé détaillé
  1. Comme e−iπ/4=(1−i)/2e^{-i\pi/4}=(1-i)/\sqrt2, on a Zt=((t+i)(1−i))/2=((t+1)+i(1−t))/2Z_t=((t+i)(1-i))/\sqrt2=((t+1)+i(1-t))/\sqrt2. Ce nombre est réel si et seulement si 1−t=01-t=0, soit t=1t=1. Pour cette valeur, Z1=2/2=2>0Z_1=2/\sqrt2=\sqrt2>0. Il n'existe donc pas de valeur du paramètre donnant un réel strictement négatif : la seule valeur réelle obtenue est positive.
  2. Le nombre est imaginaire pur si et seulement si sa partie réelle est nulle, soit t+1=0t+1=0. Ainsi t=−1t=-1 et Z−1=2i/2=i2Z_{-1}=2i/\sqrt2=i\sqrt2. Le nombre ZtZ_t ne peut jamais être nul, car t+it+i a une partie imaginaire égale à 11 et l'exponentielle ne s'annule pas. Il n'y a donc pas de chevauchement entre les deux cas particuliers.
  3. Pour t=1t=1, le nombre 1+i1+i a pour module 2\sqrt2 et pour argument principal π/4\pi/4. La multiplication par e−iπ/4e^{-i\pi/4} le ramène sur l'axe réel positif. Pour t=−1t=-1, le nombre −1+i-1+i a pour argument principal 3π/43\pi/4 ; après soustraction de π/4\pi/4, il reste π/2\pi/2, ce qui explique l'image imaginaire pure positive. Le calcul algébrique et la lecture des arguments donnent exactement les mêmes conditions, sans utiliser une formule d'arctangente qui masquerait le quadrant.

Exercice 13 — Résoudre une équation trigonométrique par une somme d'exponentielles

  1. Établir eix+e3ix=2cos⁡x e2ixe^{ix}+e^{3ix}=2\cos x\,e^{2ix}.
  2. Résoudre sin⁡x+sin⁡3x=0\sin x+\sin3x=0 sur [0,2π[[0,2\pi[.
  3. Parmi ces solutions, déterminer celles qui vérifient aussi cos⁡x+cos⁡3x=0\cos x+\cos3x=0.
Corrigé détaillé
  1. On factorise par l'exponentielle correspondant à l'angle moyen : eix+e3ix=e2ix(e−ix+eix)=2cos⁡x e2ixe^{ix}+e^{3ix}=e^{2ix}(e^{-ix}+e^{ix})=2\cos x\,e^{2ix}. En prenant les parties imaginaire et réelle, on obtient respectivement sin⁡x+sin⁡3x=2cos⁡xsin⁡2x\sin x+\sin3x=2\cos x\sin2x et cos⁡x+cos⁡3x=2cos⁡xcos⁡2x\cos x+\cos3x=2\cos x\cos2x.
  2. L'équation devient 2cos⁡xsin⁡2x=02\cos x\sin2x=0. Ainsi cos⁡x=0\cos x=0 ou sin⁡2x=0\sin2x=0. Sur [0,2π[[0,2\pi[, la première condition donne x=π/2x=\pi/2 ou 3π/23\pi/2. La seconde donne 2x=kπ2x=k\pi, soit x=kπ/2x=k\pi/2, avec k=0,1,2,3k=0,1,2,3. Les solutions de la première condition sont déjà incluses dans celles de la seconde. L'ensemble solution est donc {0,π/2,π,3π/2}\{0,\pi/2,\pi,3\pi/2\} ; on ne doit pas compter deux fois les valeurs communes.
  3. Pour satisfaire les deux égalités simultanément, la somme complexe eix+e3ixe^{ix}+e^{3ix} doit être nulle. Or elle vaut 2cos⁡x e2ix2\cos x\,e^{2ix} et l'exponentielle ne s'annule jamais. Il faut et il suffit donc que cos⁡x=0\cos x=0, soit x=π/2x=\pi/2 ou 3π/23\pi/2. Les valeurs 00 et π\pi annulent la partie imaginaire, mais leur partie réelle vaut respectivement 22 et −2-2.

Exercice 14 — Périodicité d'une suite de directions

Soit un=einθu_n=e^{in\theta} pour n∈Nn\in\mathbb N.
  1. Montrer que cette suite est périodique si et seulement si θ/(2π)\theta/(2\pi) est rationnel.
  2. Déterminer sa plus petite période lorsque θ=5π/6\theta=5\pi/6.
  3. Montrer qu'elle n'est pas périodique pour θ=π2\theta=\pi\sqrt2 et expliquer ce que cela ne prouve pas à lui seul.
Corrigé détaillé
  1. Si T≥1T\geq1 est une période entière, alors uT=u0=1u_T=u_0=1, donc eiTθ=1e^{iT\theta}=1. Il existe alors un entier kk tel que Tθ=2kπT\theta=2k\pi, d'où θ/(2π)=k/T∈Q\theta/(2\pi)=k/T\in\mathbb Q. Réciproquement, si θ/(2π)=p/q\theta/(2\pi)=p/q avec p∈Zp\in\mathbb Z et q≥1q\geq1, alors eiqθ=e2ipπ=1e^{iq\theta}=e^{2ip\pi}=1, et un+q=unu_{n+q}=u_n pour tout nn. Lorsque p/qp/q est irréductible, une période TT exige que Tp/qTp/q soit entier ; comme pp et qq sont premiers entre eux, qq divise TT. La plus petite période est donc qq.
  2. Pour θ=5π/6\theta=5\pi/6, on a θ/(2π)=5/12\theta/(2\pi)=5/12, fraction irréductible. La plus petite période est 1212. En particulier, une période 66 serait incorrecte, car un+6=−unu_{n+6}=-u_n et non unu_n.
  3. Pour θ=π2\theta=\pi\sqrt2, le quotient vaut 2/2\sqrt2/2, qui est irrationnel ; la suite n'est donc pas périodique. On peut aussi prouver que ses termes sont tous distincts : une égalité um=unu_m=u_n avec m≠nm\ne n rendrait le même quotient rationnel. Toutefois, l'absence de périodicité ne démontre pas, à elle seule, que les points sont denses sur le cercle. Une telle affirmation nécessiterait un argument supplémentaire, qui n'est pas utilisé ici.

Exercice 15 — Quand deux exponentielles décrivent le même point

  1. Résoudre ei(3x+π/4)=ei(x−π/6)e^{i(3x+\pi/4)}=e^{i(x-\pi/6)} dans R\mathbb R.
  2. Donner les solutions dans [0,2π[[0,2\pi[.
  3. Résoudre ensuite 2ei(3x+π/4)=3ei(x−π/6)2e^{i(3x+\pi/4)}=3e^{i(x-\pi/6)} et expliquer la différence.
Corrigé détaillé
  1. L'égalité de deux exponentielles imaginaires équivaut à une différence d'angles multiple de 2π2\pi, et non à l'égalité stricte des angles. On écrit donc (3x+π/4)−(x−π/6)=2kπ(3x+\pi/4)-(x-\pi/6)=2k\pi, avec k∈Zk\in\mathbb Z. Cela donne 2x+5π/12=2kπ2x+5\pi/12=2k\pi, puis x=−5π/24+kπx=-5\pi/24+k\pi. Toutes ces valeurs conviennent, car leur substitution rend la différence des angles exactement égale à 2kπ2k\pi.
  2. Pour obtenir 0≤x<2π0\leq x<2\pi, il faut 0≤−5π/24+kπ<2π0\leq-5\pi/24+k\pi<2\pi. Après division par π\pi, on trouve 5/24≤k<53/245/24\leq k<53/24. Les seuls entiers sont k=1k=1 et k=2k=2. Les solutions sont donc 19π/2419\pi/24 et 43π/2443\pi/24. La valeur obtenue avec k=0k=0 est négative et ne doit pas être conservée dans cet intervalle.
  3. Dans la seconde équation, le membre de gauche a toujours pour module 22, tandis que celui de droite a toujours pour module 33. Deux nombres complexes égaux doivent avoir le même module ; l'équation n'a donc aucune solution réelle. Il serait inutile et trompeur d'égaliser seulement leurs angles. Pour comparer deux formes exponentielles de nombres non nuls, il faut vérifier à la fois l'égalité des modules et la congruence des arguments.

Exercice 16 — Paramétrer exactement un cercle et un arc

On pose z(t)=1−2i+3eitz(t)=1-2i+3e^{it} pour t∈Rt\in\mathbb R.
  1. Démontrer que l'ensemble des points obtenus est exactement un cercle.
  2. Déterminer les paramètres donnant les intersections avec l'axe réel.
  3. Décrire les points obtenus lorsque t∈[0,π]t\in[0,\pi] et préciser le sens du parcours.
Corrigé détaillé
  1. On a z(t)−(1−2i)=3eitz(t)-(1-2i)=3e^{it}, donc ∣z(t)−(1−2i)∣=3|z(t)-(1-2i)|=3. Tous les points appartiennent au cercle de centre d'affixe 1−2i1-2i et de rayon 33. Réciproquement, si zz vérifie cette équation, le nombre (z−(1−2i))/3(z-(1-2i))/3 a pour module 11 ; il s'écrit donc eite^{it} pour un certain réel tt. L'ensemble décrit est bien tout le cercle, et pas seulement une partie. Deux paramètres donnent le même point exactement lorsqu'ils diffèrent d'un multiple de 2π2\pi.
  2. La partie imaginaire de z(t)z(t) vaut −2+3sin⁡t-2+3\sin t. Elle est nulle si et seulement si sin⁡t=2/3\sin t=2/3. Posons α=arcsin⁡(2/3)∈]0,π/2[\alpha=\arcsin(2/3)\in]0,\pi/2[. Les paramètres sont t=α+2kπt=\alpha+2k\pi ou t=π−α+2kπt=\pi-\alpha+2k\pi. Comme cos⁡α=5/3\cos\alpha=\sqrt5/3, les affixes d'intersection sont 1+51+\sqrt5 et 1−51-\sqrt5.
  3. Pour t∈[0,π]t\in[0,\pi], on a sin⁡t≥0\sin t\geq0, donc l'ordonnée est au moins −2-2. Il s'agit du demi-cercle situé au-dessus de la droite horizontale passant par le centre. Le parcours part de z(0)=4−2iz(0)=4-2i, passe par z(π/2)=1+iz(\pi/2)=1+i et arrive à z(π)=−2−2iz(\pi)=-2-2i. Lorsque tt augmente, le vecteur issu du centre tourne dans le sens direct.

Exercice 17 — Angle moitié et quotient de deux sommes

Pour t∈Rt\in\mathbb R tel que eit≠−1e^{it}\ne-1, on pose Q(t)=(eit−1)/(eit+1)Q(t)=(e^{it}-1)/(e^{it}+1).
  1. Montrer que Q(t)=itan⁡(t/2)Q(t)=i\tan(t/2).
  2. Résoudre Q(t)=i3Q(t)=i\sqrt3 sur ]−π,π[]-\pi,\pi[.
  3. Expliquer ce qui se passe lorsque tt tend vers π\pi par valeurs inférieures.
Corrigé détaillé
  1. En factorisant par eit/2e^{it/2}, on obtient eit−1=eit/2(eit/2−e−it/2)=2ieit/2sin⁡(t/2)e^{it}-1=e^{it/2}(e^{it/2}-e^{-it/2})=2ie^{it/2}\sin(t/2) et eit+1=2eit/2cos⁡(t/2)e^{it}+1=2e^{it/2}\cos(t/2). Le dénominateur est non nul exactement lorsque cos⁡(t/2)≠0\cos(t/2)\ne0, soit t∉π+2πZt\notin\pi+2\pi\mathbb Z, conformément à l'hypothèse. En simplifiant les facteurs non nuls, on trouve Q(t)=isin⁡(t/2)/cos⁡(t/2)=itan⁡(t/2)Q(t)=i\sin(t/2)/\cos(t/2)=i\tan(t/2). Le quotient est donc toujours imaginaire pur sur son domaine.
  2. L'équation devient tan⁡(t/2)=3\tan(t/2)=\sqrt3. Sur ]−π,π[]-\pi,\pi[, l'angle t/2t/2 appartient à ]−π/2,π/2[]-\pi/2,\pi/2[, intervalle sur lequel la tangente est injective. L'unique solution est t/2=π/3t/2=\pi/3, donc t=2π/3t=2\pi/3. Elle appartient au domaine et à l'intervalle demandé.
  3. Lorsque t→π−t\to\pi^-, on a t/2→(π/2)−t/2\to(\pi/2)^- et tan⁡(t/2)→+∞\tan(t/2)\to+\infty. La partie imaginaire de Q(t)Q(t) tend donc vers +∞+\infty, tandis que sa partie réelle reste nulle. Dans l'expression initiale, le numérateur tend vers −2-2 et le dénominateur vers zéro : il ne s'agit pas d'une forme indéterminée permettant une simplification au point t=πt=\pi. Ce paramètre demeure interdit.

Exercice 18 — Produit de sinus et changement d'échelle des angles

  1. À partir des exponentielles, retrouver sin⁡2x=2sin⁡xcos⁡x\sin2x=2\sin x\cos x.
  2. En déduire sin⁡8x=8sin⁡xcos⁡xcos⁡2xcos⁡4x\sin8x=8\sin x\cos x\cos2x\cos4x.
  3. Calculer cos⁡(π/16)cos⁡(π/8)cos⁡(π/4)\cos(\pi/16)\cos(\pi/8)\cos(\pi/4).
Corrigé détaillé
  1. Avec les formules d'Euler, 2sin⁡xcos⁡x=2eix−e−ix2ieix+e−ix22\sin x\cos x=2\frac{e^{ix}-e^{-ix}}{2i}\frac{e^{ix}+e^{-ix}}2. Le produit des numérateurs est e2ix−e−2ixe^{2ix}-e^{-2ix} ; l'expression devient donc (e2ix−e−2ix)/(2i)=sin⁡2x(e^{2ix}-e^{-2ix})/(2i)=\sin2x. Cette preuve est valable pour tout réel xx et ne nécessite aucune division par sin⁡x\sin x ou cos⁡x\cos x.
  2. On applique trois fois l'identité : sin⁡8x=2sin⁡4xcos⁡4x=4sin⁡2xcos⁡2xcos⁡4x=8sin⁡xcos⁡xcos⁡2xcos⁡4x\sin8x=2\sin4x\cos4x=4\sin2x\cos2x\cos4x=8\sin x\cos x\cos2x\cos4x. Cette égalité reste vraie même si certains facteurs sont nuls. Ce n'est qu'au moment d'isoler un produit par division qu'il faudra vérifier que le facteur supprimé est non nul.
  3. Prenons x=π/16x=\pi/16. On a 8x=π/28x=\pi/2, donc 1=8sin⁡(π/16)cos⁡(π/16)cos⁡(π/8)cos⁡(π/4)1=8\sin(\pi/16)\cos(\pi/16)\cos(\pi/8)\cos(\pi/4). Comme sin⁡(π/16)>0\sin(\pi/16)>0, le produit demandé vaut 1/(8sin⁡(π/16))1/(8\sin(\pi/16)). Pour une écriture uniquement avec des radicaux, les formules d'angle moitié donnent sin⁡(π/16)=122−2+2\sin(\pi/16)=\frac12\sqrt{2-\sqrt{2+\sqrt2}}. Le résultat est donc 142−2+2\frac{1}{4\sqrt{2-\sqrt{2+\sqrt2}}}. Tous les facteurs étant positifs, le choix de la racine carrée positive est justifié.

Exercice 19 — Identifier des coefficients par les exponentielles

Pour x∈Rx\in\mathbb R, on pose H(x)=∣1+2eix∣2H(x)=|1+2e^{ix}|^2.
  1. Écrire HH sous la forme A+Bcos⁡x+Csin⁡xA+B\cos x+C\sin x.
  2. Montrer que cette écriture est unique.
  3. Déterminer le minimum et le maximum de HH, ainsi que tous les paramètres où ils sont atteints.
Corrigé détaillé
  1. Le conjugué de 1+2eix1+2e^{ix} est 1+2e−ix1+2e^{-ix}. Ainsi H(x)=(1+2eix)(1+2e−ix)=1+4+2eix+2e−ix=5+4cos⁡xH(x)=(1+2e^{ix})(1+2e^{-ix})=1+4+2e^{ix}+2e^{-ix}=5+4\cos x. Les coefficients sont donc A=5A=5, B=4B=4 et C=0C=0. La disparition du sinus correspond à la symétrie H(−x)=H(x)H(-x)=H(x).
  2. Supposons qu'une combinaison a+bcos⁡x+csin⁡xa+b\cos x+c\sin x soit identiquement nulle. En prenant x=0x=0, on obtient a+b=0a+b=0. Avec x=πx=\pi, on obtient a−b=0a-b=0. En additionnant et soustrayant, on trouve a=b=0a=b=0. En prenant alors x=π/2x=\pi/2, il vient c=0c=0. La différence de deux représentations éventuelles étant une telle combinaison nulle, les coefficients sont uniques. Ce raisonnement constitue une identification rigoureuse, et non une simple lecture formelle.
  3. Comme −1≤cos⁡x≤1-1\leq\cos x\leq1, on a 1≤H(x)≤91\leq H(x)\leq9. Le minimum 11 est atteint exactement pour x=π+2kπx=\pi+2k\pi, et le maximum 99 exactement pour x=2kπx=2k\pi, où k∈Zk\in\mathbb Z. Géométriquement, le nombre 2eix2e^{ix} parcourt un cercle de rayon 22 ; sa distance au point d'affixe −1-1 varie entre 11 et 33. Les valeurs de HH, qui sont les carrés de ces distances, varient donc entre 11 et 99.

Exercice 20 — Approfondissement hors programme — Une puissance réelle fixée et l'échec d'une règle de composition

Pour w≠0w\ne0 et t∈Rt\in\mathbb R, on définit la puissance principale w[t]=∣w∣teitArg⁡(w)w^{[t]}=|w|^t e^{it\operatorname{Arg}(w)}, avec Arg⁡(w)∈]−π,π]\operatorname{Arg}(w)\in]-\pi,\pi]. On prend z=e3iπ/4z=e^{3i\pi/4}.
  1. Calculer (z2)[1/2](z^2)^{[1/2]} et comparer à zz.
  2. Calculer (z[1/2])2(z^{[1/2]})^2.
  3. Expliquer précisément pourquoi ces deux calculs ne se contredisent pas.
Corrigé détaillé
  1. On a z2=e3iπ/2=e−iπ/2z^2=e^{3i\pi/2}=e^{-i\pi/2}. Son module vaut 11 et son argument principal vaut −π/2-\pi/2. Par la définition donnée, (z2)[1/2]=e−iπ/4=22−i22(z^2)^{[1/2]}=e^{-i\pi/4}=\frac{\sqrt2}{2}-i\frac{\sqrt2}{2}. Or z=e3iπ/4=−22+i22z=e^{3i\pi/4}=-\frac{\sqrt2}{2}+i\frac{\sqrt2}{2}. Les deux valeurs sont opposées : (z2)[1/2]=−z≠z(z^2)^{[1/2]}=-z\ne z. La règle consistant à multiplier automatiquement les exposants échoue donc pour cette puissance principale.
  2. En revanche, l'argument principal de zz est bien 3π/43\pi/4, donc z[1/2]=e3iπ/8z^{[1/2]}=e^{3i\pi/8}. Son carré entier vaut e3iπ/4=ze^{3i\pi/4}=z. Ainsi (z[1/2])2=z(z^{[1/2]})^2=z. La puissance entière de la valeur déjà choisie ne nécessite aucun nouveau choix d'argument.
  3. La différence vient de l'étape intermédiaire. Dans le premier calcul, l'angle 2×3π/4=3π/22\times3\pi/4=3\pi/2 est remplacé par son représentant principal −π/2-\pi/2, ce qui retranche 2π2\pi. Lorsqu'on divise ensuite cet argument par 22, cette correction devient −π-\pi, qui change le signe de l'exponentielle. Dans le second calcul, on partage d'abord l'argument principal initial par 22, puis on élève au carré sans réduction intermédiaire. Pour les exposants entiers, ajouter 2kπ2k\pi à un argument n'a aucun effet sur la valeur ; pour un exposant non entier, ce changement peut être visible. Les deux calculs appliquent donc des opérations différentes, et aucune contradiction n'apparaît.