Terminale maths expertes

Graphes : degrés, chemins et parcours — 20 exercices corrigés

Ces 20 exercices portent sur les graphes finis, les matrices d'adjacence et les parcours. Toutes les données nécessaires sont fournies : aucune figure n'est indispensable. Sauf indication contraire, les graphes sont simples, non orientés et sans boucle. La longueur d'une marche est son nombre d'arêtes ; un chemin simple ne répète aucun sommet.

L'essentiel à retenir

  • Dans un graphe non orienté, la somme des degrés vaut deux fois le nombre d'arêtes. Un graphe connexe possède un circuit eulérien si tous ses degrés sont pairs, et un parcours eulérien ouvert si exactement deux sommets sont de degré impair. Pour une matrice d'adjacence MM, le coefficient (Mn)ij(M^n)_{ij} compte les marches de longueur nn de ii vers jj. Dans un graphe orienté, on distingue degrés entrant et sortant. Les critères eulériens s'appliquent en tenant compte de l'orientation et de la connexité appropriée.

Exercice 1 — Lire une matrice d'adjacence

  1. Dans l'ordre A,B,C,D,EA,B,C,D,E, la matrice d'adjacence est donnée par le tableau suivant.
ABCDE
A01100
B10110
C11000
D01001
E00010
Déterminer les degrés et le nombre d'arêtes.
  1. Le graphe est-il connexe ? Déterminer la distance de AA à EE et justifier sa minimalité.
Graphe avec les arêtes AB, AC, BC, BD, DE
Les données exactes sont indiquées dans l’énoncé ; la position des sommets n’indique pas une distance.
Corrigé détaillé
1. Les sommes des lignes donnent d(A)=2d(A)=2, d(B)=3d(B)=3, d(C)=2d(C)=2, d(D)=2d(D)=2 et d(E)=1d(E)=1. Leur somme vaut 1010 ; le graphe possède donc 10/2=510/2=5 arêtes. 2. Depuis BB, on atteint A,C,DA,C,D, puis EE par DD : le graphe est connexe. Le chemin A−B−D−EA-B-D-E a longueur 33. Comme EE n'a que DD pour voisin et que AA n'est pas adjacent à DD, aucune marche de longueur inférieure à 33 ne relie AA à EE. La distance vaut donc 33.

Exercice 2 — Deux triangles et un circuit eulérien

  1. Un graphe a pour sommets A,B,C,D,EA,B,C,D,E et pour arêtes AB,BC,CA,AD,DE,EAAB,BC,CA,AD,DE,EA. Vérifier qu'il admet un circuit eulérien.
  2. Donner un tel circuit et expliquer pourquoi ce circuit n'est pas un cycle simple.
Graphe avec les arêtes AB, BC, CA, AD, DE, EA
Les données exactes sont indiquées dans l’énoncé ; la position des sommets n’indique pas une distance.
Corrigé détaillé
1. Les deux triangles ont le sommet AA en commun : le graphe est connexe. Les degrés sont 44 pour AA et 22 pour chacun des autres sommets. Tous sont pairs, donc le critère d'Euler garantit un circuit eulérien. 2. Le parcours A−B−C−A−D−E−AA-B-C-A-D-E-A utilise chacune des six arêtes exactement une fois. Il est fermé, donc eulérien. Il n'est pas un cycle simple : le sommet AA est rencontré au milieu du parcours, en plus du départ et de l'arrivée.

Exercice 3 — Un parcours ouvert imposé par les degrés

  1. On considère les arêtes AB,BC,CD,DA,ACAB,BC,CD,DA,AC. Déterminer les extrémités possibles d'un parcours eulérien ouvert.
  2. Construire un parcours eulérien ouvert. Peut-on parcourir toutes les arêtes une seule fois en revenant au point de départ ?
Corrigé détaillé
1. On obtient d(A)=d(C)=3d(A)=d(C)=3 et d(B)=d(D)=2d(B)=d(D)=2. Le graphe est connexe et possède exactement deux sommets impairs. Tout parcours eulérien ouvert doit donc commencer à AA et finir à CC, ou l'inverse. 2. Le parcours A−B−C−D−A−CA-B-C-D-A-C utilise successivement les cinq arêtes, sans répétition. Un circuit eulérien est impossible, car les degrés de AA et CC sont impairs. Dans un circuit, chaque arrivée à un sommet doit pouvoir être appariée à un départ.

Exercice 4 — Une impossibilité et sa réparation

  1. Une étoile a pour arêtes OA,OB,OC,ODOA,OB,OC,OD. Peut-on parcourir chaque arête exactement une fois, sans imposer de revenir au départ ?
  2. On peut ajouter une arête entre deux feuilles. Montrer qu'une seule arête ajoutée suffit et donner un parcours.
Corrigé détaillé
1. Le centre OO a degré 44 et les quatre feuilles ont degré 11. Il existe donc quatre sommets impairs. Or un parcours eulérien ne peut en avoir que zéro ou deux : le parcours demandé est impossible. 2. Ajoutons ABAB. Les degrés de AA et BB deviennent 22 ; seuls CC et DD restent impairs. Le parcours C−O−A−B−O−DC-O-A-B-O-D utilise chacune des cinq arêtes une fois. Zéro ajout étant impossible, un ajout est minimal.

Exercice 5 — Marches et chemins simples dans un triangle

  1. Dans le triangle complet de sommets A,B,CA,B,C, énumérer les marches de longueur 33 allant de AA à BB.
  2. Combien de chemins simples de longueur 33 vont de AA à BB ? Combien de chemins simples, toutes longueurs confondues, les relient ?
Corrigé détaillé
1. Les possibilités sont A−B−A−BA-B-A-B, A−B−C−BA-B-C-B et A−C−A−BA-C-A-B. Pour vérifier l'exhaustivité : après un premier pas vers BB, les deux choix suivants conviennent ; après un premier pas vers CC, seul le passage par AA permet de terminer en BB. Il y a donc trois marches. 2. Un chemin simple de longueur 33 utiliserait quatre sommets distincts, alors que le graphe n'en possède que trois : il n'y en a aucun. Les chemins simples reliant AA à BB sont exactement A−BA-B et A−C−BA-C-B, soit deux.

Exercice 6 — Reconstruire un graphe à partir d'informations locales

  1. Un graphe simple a pour sommets A,B,C,DA,B,C,D. On sait que AA est adjacent à BB et CC, mais pas à DD, et que les degrés de A,B,C,DA,B,C,D sont respectivement 2;2;3;12;2;3;1. Retrouver toutes les arêtes.
  2. Écrire la matrice d'adjacence dans l'ordre A,B,C,DA,B,C,D, puis décider si un circuit eulérien existe.
Corrigé détaillé
1. Le sommet CC, de degré 33, est adjacent aux trois autres sommets : on a AC,BC,CDAC,BC,CD. Le sommet AA impose aussi ABAB. Le degré de BB est alors déjà 22 et celui de DD déjà 11. La liste complète est donc AB,AC,BC,CDAB,AC,BC,CD. 2. La matrice est M=(0110101011010010)M=\begin{pmatrix}0&1&1&0\\1&0&1&0\\1&1&0&1\\0&0&1&0\end{pmatrix}. Les sommets CC et DD ont des degrés impairs ; il n'existe donc pas de circuit eulérien. En revanche, D−C−A−B−CD-C-A-B-C est un parcours eulérien ouvert.

Exercice 7 — Compter dans un graphe orienté

  1. Les arcs sont A→BA\to B, A→CA\to C, B→CB\to C, C→AC\to A, C→DC\to D et D→BD\to B. Donner les degrés entrants et sortants.
  2. Compter les marches orientées de longueur 33 allant de AA à BB. Le graphe est-il fortement connexe ?
Graphe avec les arêtes AB, AC, BC, CA, CD, DB
Les données exactes sont indiquées dans l’énoncé ; la position des sommets n’indique pas une distance.
Corrigé détaillé
1. Pour AA, les degrés entrant et sortant valent (1;2)(1;2) ; pour BB, (2;1)(2;1) ; pour CC, (2;2)(2;2) ; pour DD, (1;1)(1;1). La somme des degrés entrants et celle des degrés sortants valent chacune 66, le nombre d'arcs. 2. Les deux marches sont A−C−A−BA-C-A-B et A−C−D−BA-C-D-B ; un premier pas A→BA\to B impose ensuite CC, puis AA ou DD, sans arrivée en BB au troisième pas. La marche orientée fermée A→C→D→B→C→AA\to C\to D\to B\to C\to A permet d'atteindre chaque sommet depuis chacun des autres : le graphe est fortement connexe.

Exercice 8 — Euler dans un réseau à sens unique

  1. Un réseau orienté possède les arcs A→BA\to B, B→CB\to C, C→AC\to A, A→DA\to D, D→AD\to A. Vérifier les conditions d'existence d'un circuit eulérien orienté.
  2. Donner ce circuit. Si l'arc D→AD\to A est supprimé, donner un parcours eulérien orienté et justifier ses extrémités.
Corrigé détaillé
1. Chaque sommet a autant d'arcs entrants que sortants : 22 pour AA, 11 pour les autres. Tous les sommets communiquent avec AA dans les deux sens, donc le graphe est fortement connexe. Il admet un circuit eulérien orienté. 2. Avant suppression, A−B−C−A−D−AA-B-C-A-D-A convient. Après suppression, AA possède un départ de plus qu'une arrivée et DD une arrivée de plus qu'un départ. Le parcours A−B−C−A−DA-B-C-A-D utilise tous les arcs restants : il commence nécessairement à AA et finit à DD.

Exercice 9 — Acheminer un colis au moindre coût

  1. Un réseau non orienté a les arêtes pondérées AB:4AB:4, AC:2AC:2, BC:1BC:1, BD:5BD:5, CD:8CD:8, CE:10CE:10, DE:2DE:2, BE:9BE:9. Appliquer l'algorithme de Dijkstra depuis AA.
  2. Donner un trajet optimal de AA à EE. Comparer avec le trajet passant seulement par BB.
Corrigé détaillé
1. Après AA, les étiquettes sont B=4B=4, C=2C=2. On fixe C=2C=2, puis on obtient B=3B=3, D=10D=10, E=12E=12. On fixe B=3B=3, ce qui abaisse DD à 88. On fixe ensuite D=8D=8, ce qui abaisse EE à 1010. Les distances finales sont 0;3;2;8;100;3;2;8;10 dans l'ordre A,B,C,D,EA,B,C,D,E. 2. Les prédécesseurs donnent A−C−B−D−EA-C-B-D-E, de coût 2+1+5+2=102+1+5+2=10. Le trajet A−B−EA-B-E coûte 4+9=134+9=13. Il utilise moins d'arêtes, mais son coût est supérieur : minimiser le nombre d'étapes n'est pas minimiser le coût.

Exercice 10 — Tournée d'inspection avec répétitions minimales

  1. Les rues AB,BC,CD,DAAB,BC,CD,DA mesurent chacune 11 km et la rue ACAC mesure 33 km. Un agent part de AA, inspecte chaque rue et revient à AA. Pourquoi doit-il répéter au moins une rue ?
  2. Déterminer la longueur minimale de la tournée et en donner une.
Corrigé détaillé
1. Les degrés de AA et CC sont 33, ceux de BB et DD sont 22. Aucun circuit eulérien n'existe. La somme des longueurs à inspecter vaut 4+3=74+3=7 km, mais une tournée fermée doit ajouter des passages pour rendre pairs les degrés de AA et CC. 2. Les passages supplémentaires doivent relier les deux sommets impairs. Le plus court chemin de AA à CC vaut 22 km, par BB ou DD, contre 33 km pour la diagonale. Le minimum est donc 7+2=97+2=9 km. La tournée A−B−C−D−A−C−B−AA-B-C-D-A-C-B-A a bien cette longueur et inspecte toutes les rues.

Exercice 11 — Alternance dans un graphe biparti

  1. On considère le graphe complet biparti de parties {A,B}\{A,B\} et {X,Y,Z}\{X,Y,Z\} : toutes les arêtes entre les deux parties sont présentes, et aucune à l'intérieur d'une partie. Donner les degrés et montrer qu'il ne contient aucun cycle de longueur impaire.
  2. Compter les marches de longueur 44 allant de AA à BB, puis donner un parcours eulérien.
Corrigé détaillé
1. Les degrés de AA et BB valent 33, ceux de X,Y,ZX,Y,Z valent 22. Une marche change de partie à chaque pas. Après un nombre impair de pas, elle se trouve dans l'autre partie et ne peut revenir au sommet initial. Tout cycle a donc une longueur paire. 2. Une telle marche s'écrit A−u−v−w−BA-u-v-w-B, avec u,w∈{X,Y,Z}u,w\in\{X,Y,Z\} et v∈{A,B}v\in\{A,B\}. Il y en a 3×2×3=183\times2\times3=18. Le graphe est connexe et ses seuls sommets impairs sont A,BA,B ; un parcours eulérien est A−X−B−Y−A−Z−BA-X-B-Y-A-Z-B.

Exercice 12 — Passer au graphe complémentaire

  1. Sur les sommets A,B,C,D,EA,B,C,D,E, le graphe GG a les arêtes AB,BC,CD,DEAB,BC,CD,DE. Son complémentaire relie deux sommets distincts exactement lorsqu'ils ne sont pas adjacents dans GG. Lister ses arêtes et ses degrés.
  2. Vérifier que le complémentaire est connexe et construire un parcours eulérien.
Corrigé détaillé
1. Parmi les dix paires de sommets, on retire les quatre arêtes de GG. Il reste AC,AD,AE,BD,BE,CEAC,AD,AE,BD,BE,CE. Chaque degré complémentaire vaut 4−dG4-d_G : les degrés sont donc 3;2;2;2;33;2;2;2;3 dans l'ordre A,B,C,D,EA,B,C,D,E. 2. Depuis AA, on atteint directement C,D,EC,D,E, puis BB par DD : le graphe est connexe. Seuls A,EA,E sont impairs. Le parcours A−C−E−A−D−B−EA-C-E-A-D-B-E utilise les six arêtes exactement une fois.

Exercice 13 — Une liste de degrés impose la connexité

  1. Un graphe simple à six sommets a huit arêtes et des degrés 4;3;3;2;2,x4;3;3;2;2,x. Déterminer xx et le nombre de sommets impairs.
  2. Un tel graphe peut-il être non connexe ? Justifier, puis conclure sur l’existence d’un parcours eulérien.
Corrigé détaillé
1. La somme des degrés vaut 1616, donc x=2x=2. Deux sommets ont un degré impair. 2. Le sommet de degré 44 appartient à une composante d’au moins cinq sommets. S’il restait un sixième sommet dans une autre composante, il serait isolé, contrairement à son degré, qui est au moins 22. Le graphe est donc nécessairement connexe. Avec exactement deux sommets impairs, il admet un parcours eulérien ouvert.

Exercice 14 — Une liaison critique entre deux quartiers

  1. Les arêtes sont AB,BC,CA,CD,DE,EF,FDAB,BC,CA,CD,DE,EF,FD. Montrer que CDCD est un pont, c'est-à-dire qu'en la supprimant on déconnecte le graphe.
  2. Un parcours eulérien existe-t-il ? Expliquer combien de fois il traverse le pont et donner un exemple.
Corrigé détaillé
1. Les sommets A,B,CA,B,C forment un triangle et D,E,FD,E,F un autre. La seule arête reliant ces deux ensembles est CDCD. Sa suppression laisse exactement deux composantes connexes, de sommets {A,B,C}\{A,B,C\} et {D,E,F}\{D,E,F\}. 2. Les degrés de C,DC,D valent 33, les quatre autres valent 22. Le graphe connexe admet un parcours eulérien ouvert de CC à DD. Il traverse CDCD une seule fois, comme toute arête. Par exemple : C−A−B−C−D−E−F−DC-A-B-C-D-E-F-D.

Exercice 15 — Un réseau sans cycle

  1. Un réseau a les sommets A,B,C,D,E,FA,B,C,D,E,F et les arêtes AB,AC,BD,BE,CFAB,AC,BD,BE,CF. Montrer qu'entre deux sommets il existe un unique chemin simple.
  2. Chaque arête mesure 11 km. Quelle est la longueur minimale d'une tournée fermée partant de AA et parcourant toutes les arêtes ?
Corrigé détaillé
1. Chaque sommet est relié à AA, donc le réseau est connexe. Aucun cycle ne peut contenir les feuilles D,E,FD,E,F ; après leur retrait, il reste seulement AB,ACAB,AC, sans cycle. Deux chemins simples distincts entre les mêmes sommets formeraient un cycle. Le chemin simple est donc unique. 2. Chaque arête est un pont. Une tournée fermée qui la franchit doit la franchir à nouveau pour revenir dans la composante de départ. Il faut donc au moins 2×5=102\times5=10 km. Le parcours A−B−D−B−E−B−A−C−F−C−AA-B-D-B-E-B-A-C-F-C-A atteint cette borne.

Exercice 16 — Des coefficients de puissance à interpréter

  1. Pour le chemin A−B−CA-B-C, la matrice d'adjacence est M=(010101010)M=\begin{pmatrix}0&1&0\\1&0&1\\0&1&0\end{pmatrix}. Calculer M2M^2 et interpréter ses coefficients diagonaux.
  2. Calculer le nombre de marches de longueur 44 allant de AA à CC. Pourquoi n'existe-t-il aucune marche de longueur 33 entre ces sommets ?
Corrigé détaillé
1. Le produit donne M2=(101020101)M^2=\begin{pmatrix}1&0&1\\0&2&0\\1&0&1\end{pmatrix}. Les coefficients diagonaux comptent les marches fermées de longueur 22 : une depuis AA, deux depuis BB, une depuis CC. Elles correspondent à un aller-retour le long d'une arête incidente. 2. Le coefficient (M4)AC(M^4)_{AC} se calcule avec M2M2M^2M^2 : 1×1+0×0+1×1=21\times1+0\times0+1\times1=2. Les marches sont A−B−A−B−CA-B-A-B-C et A−B−C−B−CA-B-C-B-C. Le graphe est biparti de parties {A,C}\{A,C\} et {B}\{B\} ; une longueur impaire ne permet pas de rester dans la première partie.

Exercice 17 — Même liste de degrés, graphes différents

  1. Le graphe GG est le cycle d'arêtes AB,BC,CD,DE,EF,FAAB,BC,CD,DE,EF,FA. Le graphe HH a les arêtes AB,BC,CA,DE,EF,FDAB,BC,CA,DE,EF,FD. Comparer leurs degrés et leurs nombres d'arêtes.
  2. Ces graphes peuvent-ils être identifiés par un simple changement de noms des sommets ? Comparer aussi leurs possibilités de parcours eulériens.
Corrigé détaillé
1. Dans les deux graphes, chacun des six sommets a degré 22. La somme des degrés vaut 1212, donc chacun possède six arêtes. Ces données numériques sont identiques. 2. Non : GG est connexe, tandis que HH possède deux composantes. Un changement de noms conserve la connexité. Le graphe GG admet le circuit eulérien A−B−C−D−E−F−AA-B-C-D-E-F-A. Dans HH, il est impossible de parcourir les six arêtes en une seule marche, car aucun passage ne relie les deux triangles.

Exercice 18 — Temps de trajet et nombre de correspondances

  1. Un réseau non orienté a les liaisons ST:12ST:12, SA:3SA:3, AB:3AB:3, BT:3BT:3, SB:8SB:8, AT:10AT:10, pondérées en minutes. Déterminer un trajet de durée minimale de SS à TT.
  2. Un voyageur accepte au plus deux liaisons. Quel trajet doit-il choisir ? Comparer les deux contraintes d'optimisation.
Corrigé détaillé
1. Depuis SS, on fixe AA à 33, puis BB à 66 grâce à AA, puis TT à 99 grâce à BB. Le trajet optimal est S−A−B−TS-A-B-T, de durée 3+3+3=93+3+3=9 minutes. Les trajets directs ou par un seul intermédiaire ne font pas mieux. 2. Avec au plus deux liaisons, les possibilités sont S−TS-T en 1212 minutes, S−A−TS-A-T en 1313 minutes et S−B−TS-B-T en 1111 minutes. Le meilleur est donc S−B−TS-B-T. Le minimum sous cette contrainte vaut 1111, contre 99 sans contrainte sur le nombre de liaisons.

Exercice 19 — Visiter les sommets ou parcourir les arêtes

  1. Dans le graphe complet à quatre sommets A,B,C,DA,B,C,D, donner un cycle visitant chaque sommet exactement une fois avant de revenir au départ. Existe-t-il un circuit parcourant chaque arête exactement une fois ?
  2. Si chaque arête mesure 11, déterminer la longueur minimale d'une tournée fermée parcourant toutes les arêtes.
Corrigé détaillé
1. Le cycle A−B−C−D−AA-B-C-D-A visite les quatre sommets une fois : c'est un cycle hamiltonien. En revanche, chaque sommet a degré 33, donc les quatre sommets sont impairs. Il n'existe ni circuit eulérien ni parcours eulérien ouvert. 2. Les six arêtes donnent une longueur initiale de 66. Il faut corriger quatre degrés impairs ; chaque passage supplémentaire modifie la parité de deux degrés, donc au moins deux passages sont nécessaires. En répétant ABAB et CDCD, on obtient la tournée A−B−C−D−A−C−D−B−AA-B-C-D-A-C-D-B-A, de longueur 88 : le minimum est 88.

Exercice 20 — Modéliser des rues parallèles

  1. Deux rues distinctes r1,r2r_1,r_2 relient AA à BB, une rue r3r_3 relie BB à CC et une rue r4r_4 relie CC à AA. Pourquoi un graphe simple ne décrit-il pas fidèlement ce réseau ? Donner les degrés du multigraphe adapté.
  2. Donner un parcours utilisant chaque rue une fois. Écrire aussi la matrice dont chaque coefficient compte les rues entre deux sommets.
Corrigé détaillé
1. Un graphe simple ne distingue pas deux arêtes de mêmes extrémités. Il faut un multigraphe, où r1r_1 et r2r_2 restent distinctes. On obtient d(A)=3d(A)=3, d(B)=3d(B)=3 et d(C)=2d(C)=2, avec une somme égale à 8=2×48=2\times4. 2. Le parcours A→r1B→r3C→r4A→r2BA\xrightarrow{r_1}B\xrightarrow{r_3}C\xrightarrow{r_4}A\xrightarrow{r_2}B convient. Dans l'ordre A,B,CA,B,C, la matrice est M=(021201110)M=\begin{pmatrix}0&2&1\\2&0&1\\1&1&0\end{pmatrix}. Le coefficient 22 est indispensable pour représenter les deux rues parallèles.